Archives de mars 2012

Steve Jobs dans le carrefour de consommation (partie 2)

19 mars 2012

Une fois la phase d’innovation dépassée et la phase de commercialisation lancée, le système électronique se stabilise et se caractérise par une redistribution des rôles, qui vise à déterminer qui contrôle les conditions d’accès aux médias et donc à l’expression publique. Dans la boucle de diffusion des médias électroniques (voir partie 1), les amateurs (participation extrême) s’affrontent aux militaires (intervention extrême) tandis que les forces du centre (corporations, petites entreprises et gouvernement) se partagent le gâteau d’une représentation et d’une participation modérées.  Ce sont les deux extrêmes qui sont instrumentalisés par les autres : lorsque les amateurs s’amusent à démontrer les faiblesses du système ou à plaider pour son ouverture par des actions spectaculaires (les virus lancés sur les sites d’agences gouvernementales et de grosses corporations ou encore les documents diplomatiques secrets révélés par Wikileaks), les forces militaires réclament plus de sécurité et plus de surveillance, ce qui est renégocié par l’État et les corporations, sans consultation du grand public.

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Steve Jobs et le réseau d’acteurs américain (partie 1)

19 mars 2012

Beaucoup de commentaires ont été écrits sur Steve Jobs, en particulier lors de son décès en octobre 2011, à l’âge de 56 ans. Le temps étant passé, une petite remise en perspective dans son contexte culturel s’impose. Steve Jobs s’inscrit en effet dans une matrice spécifique, celle du réseau d’acteurs caractéristique de l’évolution des systèmes électroniques commerciaux américains (Divina Frau-Meigs, Médiamorphoses américaines,  Economica, 2002).

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Twitter : quand babiller c’est s’informer

18 mars 2012

Parce qu’il se situe entre communication de masse et communication interpersonnelle, Twitter a surtout pour but de créer une sphère semi-publique de connaissances (ou « amis ») et d’accéder à des listes créées par les autres connaissances inscrites dans le dispositif.  Dans l’économie des réseaux sociaux, Twitter correspond davantage à une demande d’information qu’à une demande de socialisation, d’après les chercheurs de l’université de Syracuse.  Cela confirme bien que l’utilisation de l’expression « réseau social » est inadéquate : non seulement est-elle tautologique et redondante (il n’y a rien de nouveau à ce qu’un réseau soit « social », sans parler d’un média !) mais encore ne recouvre-t-elle pas la réalité de Twitter et de réseaux de microblogage du même type. Leur valeur ajoutée c’est l’information, pas la relation. C’est obscurcir la force du changement radical à l’ère cybériste que de penser que le réseau social attire parce qu’il est social. A rebrousse-poil de l’intuition, le réseau attire parce qu’il est informatif et que l’information est la matière première de la dite « société de l’information » (et là la tautologie est voulue !). paradoxalement, alors qu’il a été développé pour un usage de réseau social, son usage effectif relève du partage d’informations.

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