Archive for the ‘Controverses’ category

Pourquoi un pilotage trop administratif est contraire à l’EMI à l’ère numérique

12 novembre 2015

A l’heure des réseaux numériques, où les compétences et les formations sont distribuées, c’est-à-dire peuvent se répartir sur tout le territoire sans nuire à l’équité et à la justice sociale, la création de super-structures administratives comme Canopé, qui n’a de réseau que le nom, n’est pas vraiment la preuve d’une bonne compréhension de la révolution qu’il nous faut accompagner. La dilution, voire la capture, du CLEMI va donc à contre-courant de l’histoire… et n’est pas un gage de réussite.

Si le CLEMI connaît le succès qu’il connaît sur le terrain c’est précisément parce qu’il est léger, réactif, efficace, à travers son réseau de coordonnateurs. Ces coordonnateurs fonctionnent en bonne intelligence distribuée avec les recteurs et les autres référents académiques (numérique, culture, vie scolaire, …) dans les rectorats. Ils travaillent main dans la main avec les professeurs documentalistes dans les établissements. Ce fonctionnement résulte d’un travail intra institutionnel fondé sur la confiance et la proximité.

Paradoxalement, la proximité se nourrit par le pilotage au CLEMI national et une articulation réfléchie avec les académies. Il ne s’agit pas de donner des ordres venus d’en haut mais de laisser le terrain s’emparer des suggestions, orientations et propositions pensées en amont, à leur intention. C’est un fonctionnement par impulsions successives, avec des séminaires bi-annuels pour donner des éclairages spécifiques et sensibiliser à des nouveautés intéressantes.

C’est ainsi que le CLEMI a pu accompagner les enseignants lors des diverses réformes de l’éducation nationale. Jusqu’à présent il était composé d’une vingtaine de membres dont une dizaine sont des enseignants eux-mêmes, du premier et du second degré et dirigé par un chercheur pour faire le lien avec la formation initiale et continue dans l’enseignement supérieur. Le nouvel organigramme, que je récuse, ne respecte pas cet équilibre, pire ne renforce pas le pôle formation.

Le nouvel organigramme renforce :

  1. la direction avec 4 personnes aux manettes : le directeur général, le président (du COP), le directeur opérationnel et le directeur scientifique (ex-fonction de direction du CLEMI, reléguée au rôle de figuration sans responsabilités).
  2. le pôle communication, avec des productions événementielles, au détriment de la formation sur le long terme.

Les recrutements à venir sont menacés et le profil des postes ne prévoit pas de faire appel à des professeurs, ce qui laisserait le CLEMI avec 5 enseignants : 2 du premier degré, 1 du deuxième degré et 2 prof-docs (aussi chargés du service documentation du CLEMI, avec une lourde implication dans la veille et la curation) !!

Comme dans tout pilotage administratif abusif, le nombre de personnes à la direction (4) est plus lourd que le nombre de personnes à la formation (3 car les 2 prof-docs ne peuvent se dégager de leur charge documentaire très lourde s’agissant de traiter l’actualité). Sans compter les procédures administratives alourdies pour la mise en place de projets avec les partenaires, les conventions qui prennent des années à être signées, etc. Trop de fonctionnement mène à du dys-fonctionnement, à la perte du sens et des missions du CLEMI.

Comment faire plus avec moins ? Comment faire léger avec de la lourdeur ?

A l’heure du parcours citoyen où l’EMI est un des deux piliers avec l’EMC, comment faire face aux enjeux de citoyenneté et aider au bon fonctionnement de la vie scolaire ? Comment faire face aux enjeux de créativité et aider les élèves à se préparer aux médias et aux formes de participation et d’expression en ligne qui seront leur quotidien de demain ? Comment s’assurer que la nécessité de passer d’une « éducation aux médias » à une « éducation aux médias et à l’information » soit comprise à tous les niveaux pour que les enjeux de l’actualité et de la donnée soient maîtrisés par nos jeunes ?

Les orientations que j’ai impulsées au CLEMI, notamment dans l’esprit « je suis charlie », visaient à répondre à ces questions. Je comptais développer la compétence « apprendre à chercher » notamment avec l’équipe du moteur de recherche Qwant (et Qwant junior). Je comptais aussi faire travailler l’équipe sur les réseaux sociaux pour mieux apprécier les phénomènes de « radicalisation », de liberté d’expression et de vie privée en ligne, et de maîtrise des données et des traces. Je comptais aussi continuer les orientations commencées vers le journalisme des données pour mieux comprendre et accompagner les évolutions de la presse. Côté formation, j’ai pu mener à bout les 3 saisons du MOOC DIY Education aux Médias et à l’Information (créé par la Sorbonne Nouvelle et le projet ECO, avec le CLEMI pour partenaire) mas j’espérais en créer d’autres à partir de la plateforme OPENMOOC notamment avec les prof-docs.  La formation des enseignants, en FI comme en FC, est essentielle et le travail avec le réseau des ESPE est également à renforcer car les MOOCs ne sauraient en rien diminuer les formations en présentiel mais au contraire aider à la constitution de communautés de pratique qui maillent tout le territoire.

Telles sont les principales évolutions que j’avais prévues. Mais les mener à bien réclame des effectifs complets, voire supplémentaires, bien formés et capables de communiquer et de former des enseignants de tous les cycles…. La focalisation actuelle sur l’événementiel n’est pas propice à la production de ressources pertinentes avec les partenaires; le manque de secrétariat de direction paralyse le fonctionnement au quotidien dans les actions à mener avec les partenaires historiques et les nouveaux partenaires venant des pure players du numérique, qui sont eux-mêmes très légers et mobiles…

Ces évolutions impliquent une direction légère mais présente sur tous les fronts, y compris dans les différentes réunions de la tutelle. La fragilisation de la direction actuelle et la pléthore de directeurs mène à une situation attristante :   l’EMI n’est pas présente dans tous les cycles du cursus scolaire ; le référentiel EMI s’est fait sans un réel pilotage du CLEMI ; l’originalité du parcours EMI en lien avec le parcours EMC (éducation Morale et Civique) est durablement brouillée ; la création de référents EMI dans les établissements perd son souffle ; les coordonnateurs du CLEMI ne bénéficient pas tous du même temps horaires malgré les promesses du ministère…

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EMI et humour : la tirade des logos

11 novembre 2015

Le CLEMI a désormais un logo qui s’alourdit, dans sa base, de celui du réseau canopé. Cela m’a suggéré une petite tirade, inspirée de la « tirade du nez » de Cyrano. Dans l’EMI, la compétence « esprit critique » n’est pas dépourvue d’humour…

Descriptif : ce n’est plus une signature, c’est un paraphe, que dis-je, un pied de page !

Bucolique : oh la p’tite fleur !

Esthétique : quel mélange de styles incongrus ! c’est tendance ça?

Pratique : ca va tenir sur une seule page ?

Curieux : à quoi servent tous ces acronymes ?

Naïf : que de vert, que de vert, c’est déjà la COP21!

Juridique : tiens, je pensais que les logos étaient régulés et pas empilés…

Admiratif: quelle logorrhée!

Pédant : c’est bien de l’honneur pour un si petit centre

Autoritaire: l’apposition des logos c’est comme l’imposition des mains

Chamanique : pourquoi est-ce que canope a besoin de l’aura du clemi ?

Respectueux : c’est là ce qui s’appelle avoir des logos plein le cerveau

Orthographique : il faut pas un « e » à la fin de canopé ?

Prospectif : et pourquoi pas clemipé ? ou clanopi ?

Logo_Ministere_Clemi_Canope_

Six raisons pour s’inquiéter de la perte d’autonomie du CLEMI

10 novembre 2015

Au moment où l’Education aux Médias et à l’Information (EMI) se confirme comme un enjeu de société majeur, un facteur d’inclusion et un vecteur de cohésion, les orientations qui devraient se mettre en place au CLEMI national ne peuvent pas se déployer à la hauteur de l’ambition annoncée suite aux attentats du 7 janvier et dans l’esprit « je suis Charlie » du 11 janvier (parcours citoyen, mise en place d’un média par établissement, pluralisme des médias et maîtrise des réseaux sociaux en démocratie, formation et recherche).

Le positionnement pivot du CLEMI entre l’opérateur Canopé, le réseau des coordonnateurs en académie en bonne intelligence avec les recteurs et la DNE doit être respecté. C’est un équilibre indispensable pour permettre la crédibilité du CLEMI auprès de son premier partenaire que sont les médias mais aussi des autres acteurs (les grandes associations d’éducation populaire, fondations, secteur privé…), sans soupçon d’aucune sorte et sans atteinte à la neutralité de l’Etat sur des questions délicates qui concernent la jeunesse. Le juste positionnement du CLEMI est aussi une garantie de souplesse et de réactivité qui a fait ses preuves.

Par ailleurs, le chantier thématique de l’éducation aux médias et à l’information (EMI) est très explicite dans le plan numérique (en France comme à l’Union Européenne où il est placé dans la DG-CONNECT : réseaux de communication, contenus et technologies). Il est essentiel pour le ministère et tous les partenaires de l’EMI d’avoir un interlocuteur bien identifié, qui travaille avec canope tout autant qu’avec la DGESCO et la DNE, pour éviter les empilements d’actions et s’assurer que les subventions attribuées par la tutelle soient suivies de résultats par tous les opérateurs.

Plusieurs points d’alerte :

  1. l’EMI est un moteur de changement pour passer à l’ère numérique avec efficacité et équité, et aider les enseignants et les élèves à s’en emparer sur l’ensemble du territoire. Or l’affaiblissement d’un opérateur historique de l’éducation nationale, par la recentralisation des services et des moyens dans Canopé ne s’y prête pas ;
  2. la consultation pour les modifications nécessaires à apporter au CLEMI doit se faire en y associant tous les acteurs impliqués (DGESCO, DNE en particulier, mais aussi les autres ministères concernés, les recteurs, les médias et le milieu associatif). Or la suppression de la direction et la dilution dans le réseau CANOPE n’y sont pas propices, avec un manque de transparence préoccupant pour la légitimité de la reconfiguration de l’organigramme en cours ;
  3. la fragilisation du recrutement risque de voir la de disparition de la dimension pédagogique des postes au profit d’objectifs de communication qui ne sont pas dans les missions du CLEMI en tant qu’opérateur de l’EMI pour le ministère de l’éducation nationale : cinq postes restent non pourvus à ce jour (dont le secrétariat de direction), bien après la rentrée des classes (et de possibles demandes de mobilité d’enseignants intéressés et compétents), et ce malgré des attentes augmentées en matière de formation et de production de ressources ;
  4. le manque de transparence dans les discussions actuelles et la mise à l’écart de la direction et de la tutelle des réunions stratégiques cruciales pour la mise en œuvre de l’EMI dans le numérique (réunions de cabinet, réunions de recteurs, rencontres avec partenaires de la presse et des médias,…), font fi du décret actuellement en vigueur et ne sont pas de bonne augure pour la suite ;
  5. l’EMI est fortement identifié à l’étranger, avec de nouvelles ouvertures à l’international liées à l’intérêt pour le dispositif du CLEMI (la Corée du Sud veut créer son équivalent). A l’heure aussi où se constitue le chapitre EUROPE de GAPMIL -l’Alliance Globale des Partenariats en EMI- à l’UNESCO avec l’Union Européenne, la fragilisation de la représentation française à travers le CLEMI et les chercheurs associés à l’EMI est déplorable ;
  6. l’argument de la Cour des Comptes, rédigé il y a 3 ans, demandant la fin d’un certain isolement du CLEMI est caduc depuis les événements tragiques du 7 janvier 2015 que la Cour des Comptes ne pouvait anticiper. Le CLEMI a été conforté dans ses missions par l’esprit Charlie du 11 janvier 2015 et par les décisions républicaines du ministère depuis (parcours citoyen, médias collégiens et lycéens, référents éducation aux médias). Ces mesures se sont faites à coût constant pour le CLEMI qui déjà coûte peu (300 000 euros/an de fonctionnement). Par ailleurs, le CLEMI apporte des livrables tangibles, donnés dans les temps : brochures de formation, rapports annuels (3!), Semaine de la Presse et des Médias dans l’Ecole, autres événements pédagogiques montrant le passage au numérique: Wikiconcours, Journée du Direct, pour ne parler que de ceux qui se font au niveau national.

Batman : quand la violence des super héros crève l’écran

23 juillet 2012

Le 20 juillet, lors de la nocturne spéciale du dernier Batman de la trilogie de Christopher Nolan, The Dark Knight Rises, James Eagan Holmes est entré dans une salle de cinéma, habillé en armure de super héros mais avec un masque à gaz. Il a envoyé des vapeurs fumigènes dans le hall et a commencé à tirer sur les spectateurs, tuant 12 personnes et en blessant 58.  La scène se place à Aurora, près de Denver dans le Colorado, à une vingtaine de kilomètres de Columbine, où eut lieu la tragédie du 20 avril 1999, quand deux adolescents avaient causé 13 morts et 26 blessés avant de se donner la mort.

Holmes a été arrêté vivant. Brillant étudiant en neuro-sciences, intéressé par les désordres neurologiques, son acte est difficile à expliquer, si ce n’est qu’il prétend être le Joker, l’ennemi de Batman. Le film montre toute une série d’attaques brutales où le super héros se comporte comme tout vilain qui se respecte, créant toutes sortes de désordres publics, avec notamment une scène de fusillade dans un stade de football américain plein à craquer.  Les armes du tueur étaient toutes achetées légalement, (fusil d’assaut Smith et Wesson, fusil de chasse Remington, deux gros Glock calibre 40, achetés dans des magasins avoisinants, et toutes sortes de balles et munitions acquises via internet).

L’histoire se répète dans cette combinaison spécifiquement américaine où la violence à l’écran peut être portée à la ville du fait de l’accès facile et peu contrôlé à toutes sortes d’armements. Dans d’autres cultures, potentiellement tout aussi violentes et exposées au même type de film, le passage à l’acte est réduit et la fiction peut rester de la fiction… Si le film n’a pas directement causé le massacre, la présence d’images violentes, endémique des représentations américaines, est une invitation à ce type de comportement de par sa banalisation et parfois, sa glorification. Ce genre de massacre de masse, généralement très planifié, n’est  jamais connecté à des comédies romantiques et il est donc difficile d’ignorer le contenu et les valeurs colportées par ce genre de représentation très manichéen et apocalyptique. Le massacre en dit tout autant sur la violence de la culture américaine que sur celle de sa fiction, qui a inventé des super-héros d’une brutalité inouïe. A la ville comme à l’écran, la cohérence culturelle se recycle et se conforte.

Les médias américains prennent bien soin de ne pas soulever ce genre de questions car elles sont complexes et appellent une réponse où les relations de cause à effet doivent être développées, avec les conséquences à assumer en bout d’analyse. Leur rôle est  à double tranchant. Alors que la fiction a produit l’opportunité, l’actualité s’en saisit :  les journaux se félicitent de la couverture de l’événement,  la présentant comme de l’ordre du « journalisme citoyen».  Il est apparu live grâce à une vidéo amateur sur portable relayée par une station de télévision de Denver, KDVR, non sans que le jeune vidéaste, Shantyl Toledo, ne l’ait postée sur YouTube (http://bit.ly/SM8nuB). La mauvaise qualité de la prise de vue ne compte pas, face à l’immédiateté de l’acte. Difficile de savoir qui va l’emporter en célébrité, le tueur qui est désormais en vidéo ou le jeune amateur journaliste qui l’a filmé… les deux sans doute, pour quinze minutes d’attention mondialisée.

L’écran-navette est ici à l’œuvre. Le récit de surface sur l’écran audiovisuel est relayé, discuté, commenté sur l’écran réticulaire des réseaux, en profondeur. Le relais des journaux et de la télévision est pris par les blogs et les tweets, qui commentent tout à la minute près.   Il aide à effectuer le travail de deuil, d’accompagnement émotionnel… Dès le lendemain, tous les supports sont revenus sur chacune des 12 victimes, notamment la plus jeune (6 ans) et sa mère inconsolable ou encore ce jeune militaire qui a péri en se plaçant entre les balles et sa jeune fiancée et son frère.   Des scènes de rue, avec des autels improvisés où le drapeau américain côtoie des fleurs, des croix, des peluches… sont aussi commentées et disséquées, associant cet acte à la mémoire d’autres fusillades antérieures.

Mais cette énième fusillade n’aura sans doute pas d’impact sur le Deuxième amendement qui accorde le droit au port d’armes, surtout pas en cette période électorale. Mitt Romney (Mormon de confession) s’est contenté de parler de compassion et d’amour, car « there is so much goodness at the heart of America » (Romney, le samedi 21, à Bow, NH). Elle ne générera sans doute pas de réflexion sur l’éthique de la presse non plus… Warner Bros tout comme Sony, Disney et Universal ont décidé de ne pas annoncer d’emblée les entrées du week-end, par respect pour les victimes. Mais le massacre n’a pas empêché les fans d’aller au cinéma et le film sera sans doute un des plus beaux succès au box office de l’année. Le problème avec des cas matriciels comme Columbine ou Aurora, c’est qu’ils jouent exactement le rôle qu’ils sont censés jouer : ils suscitent l’émotion sur le moment mais l’émoussent en même temps ; ils banalisent ce type d’action violente et empêchent la réflexion à long terme sur ses causes et ses conséquences.

Twitter : quand babiller c’est s’informer

18 mars 2012

Parce qu’il se situe entre communication de masse et communication interpersonnelle, Twitter a surtout pour but de créer une sphère semi-publique de connaissances (ou « amis ») et d’accéder à des listes créées par les autres connaissances inscrites dans le dispositif.  Dans l’économie des réseaux sociaux, Twitter correspond davantage à une demande d’information qu’à une demande de socialisation, d’après les chercheurs de l’université de Syracuse.  Cela confirme bien que l’utilisation de l’expression « réseau social » est inadéquate : non seulement est-elle tautologique et redondante (il n’y a rien de nouveau à ce qu’un réseau soit « social », sans parler d’un média !) mais encore ne recouvre-t-elle pas la réalité de Twitter et de réseaux de microblogage du même type. Leur valeur ajoutée c’est l’information, pas la relation. C’est obscurcir la force du changement radical à l’ère cybériste que de penser que le réseau social attire parce qu’il est social. A rebrousse-poil de l’intuition, le réseau attire parce qu’il est informatif et que l’information est la matière première de la dite « société de l’information » (et là la tautologie est voulue !). paradoxalement, alors qu’il a été développé pour un usage de réseau social, son usage effectif relève du partage d’informations.

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Cerf ans Internet access

8 janvier 2012

In a short article in the NYT (jan 4th 2012),  Vint Cerf criticizes the idea that access to internet should be declared a human right.
http://www.nytimes.com/2012/01/05/opinion/internet-access-is-not-a-human-right.html?nl=todaysheadlines&emc=tha212

He doesn’t agree with the opinion of the United Nations special rapporteur on this idea, even if some countries like France are supporting it. He argues that “technology is an enabler of rights, not a right itself ” and he asks that the means to an end not be confused with the end.

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Wikileaks as a promising sign of the amplification of media governance (2)

3 février 2011

Promising as it is, the catalytic process puts a heavy burden on civil society actors that have to monitor the process and ensure that it is not censored or abruptly stopped without public debate.  This is always a difficult task because of the level of mobilization and attention it entails.  The independent press has been acting within its proper functions and missions, in creating a symbiotic conflict and in fuelling the debate while representing the positions of the various claims makers. These have to mediatise the ethical dilemmas raised by specific cultural contradictions such as openness and secrecy in diplomacy in the cyberist moment. The role of civil society groups as interpretive communities of practice capable of some degree of mobilisation is to maintain the negotiation at the intersection between content- and process-competences, with a mix between global and local initiatives to promote generative solutions in the future and ensure their legitimacy and acceptance.

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