Posted tagged ‘autisme’

The Social Network : le code informatique face au code social (part 2)

28 février 2011

Par le paradoxe du hacker solitaire, le film met en évidence l’écart qui peut exister entre le corps  et le psychisme, des individus  a-sociaux pouvant créer des réseaux sociaux. Par là, Mark Zuckerberg est le prototype du « givré » (geek) et rejoint une cohorte de jeunes « doux dingues » (nerds) » et autres « pirates de l’info » (hackers) qui font l’actualité récente, comme Julian Assange et ses récits d’hacktivistes notoires, Richard Stallman et sa lutte pour le logiciel libre ou même Steve Jobs et ses visions électrisantes. Ces personnalités complexent ont en commun d’être des individus blancs, masculins, descolarisés et désocialisés, qui, très jeunes, ont trouvé refuge devant les écrans pour ne pas faire face à leurs semblables, notamment du sexe féminin. Ce sont des punks du code, qui expriment une culture de l’éternelle rébellion (elle se prolonge inchangée à l’âge adulte, comme dans le cas de Stallman, Assange ou Jobs), caractérisée par des styles de vie en marge, une idéologie anti-autoritaire de type libertaire et une attitude de féroce autonomie, basée sur la débrouille et la bidouille (le sens premier de « to hack » en anglais). Ces personnalités en rupture de ban façonnent aussi l’ère cybériste dans laquelle nous sommes avec le web 2.0, c’est-à-dire ce moment de bascule où les activités en-ligne ont la priorité sur les activités hors-ligne et n’ont pas nécessairement de retombées dans la réalité physique, mais dans la réalité psychique.  Que leur « contre-culture » confidentielle de départ soit aussi déterminante pour notre culture collective contemporaine et nos modes de faire et d’être sur les réseaux numériques doit nous interpeller…

(suite…)

Publicités

The Social Network : le code informatique face au code social (part 1)

28 février 2011

A première vue, le film The Social Network de David Fincher (Columbia, 2010) retrace les débuts de Facebook, LE réseau social par excellence — l’article défini du titre le souligne.  Il suit la vie de son concepteur principal, Mark Zuckerberg, aidé par Eduardo Saverin dont la co-paternité est ainsi établie même si la célébrité et les milliards ne sont pas partagés. Mais en vérité, il présente le paradoxe du hacker solitaire, maître d’un système d’information sous étroit contrôle menant à un réseau de communication débridée et sans respect pour la vie privée.  Ce n’est pas sans parallèles avec le paradoxe du comédien,  selon Diderot, où l’acteur le plus convaincant est celui qui est capable d’exprimer une émotion qu’il ne ressent pas : moins il sent, plus il fait sentir, … tout comme Zucherberg, revu par Fincher, dont on pourrait dire : moins il communique, plus il aide à  communiquer.

(suite…)


%d blogueurs aiment cette page :